Marc Levieils – CPI associé de Regimbeau

Digitalisation : quelle valeur ajoutée pour les professionnels de la propriété industrielle ?

Les professions juridiques en général, et les acteurs de la propriété intellectuelle en particulier, ont tardé à adopter les outils et pratiques de l’ère digitale. Le traitement de texte, la messagerie électronique et internet sont restés les trois principaux outils du praticien et du gestionnaire de portefeuille de titres de propriété industrielle.Tout le potentiel de la communication et du traitement des informations juridiques n’est donc pas encore pleinement utilisé aujourd’hui.

Si l’on compare l’évolution des éco-systèmes d’autres secteurs de l’économie, du service comme de l’industrie, avec celui des acteurs de la propriété industrielle, on constate que les transformations initiées dans les années 90 (et parfois avant comme dans le secteur bancaire) et accélérées avec l’avènement d’internet dans les années 2000, n’ont débuté que très récemment dans le secteur juridique. Le terme de Legaltech, inspiré de celui bien plus ancien de Fintech, n’est lui-même entré dans le vocabulaire du secteur que depuis quelques années en Europe.

Un certain nombre d’outils informatiques ont été développés par des prestataires informatiques pour les diverses professions juridiques : système de gestion des dossiers pour les avocats ; outils de production de documents pour les notaires ; systèmes de gestion de dossiers ou de contrats pour les services juridiques des entreprises…
Ces outils ont cependant souvent été limités à leurs métiers respectifs et ne bénéficiaient pas de la connectivité et de l’interaction que permet internet.

Un symptôme intéressant de cette faible appétence peut être trouvé dans la modestie des travaux de normalisation dans le domaine juridique, alors qu’ils sont indispensables au développement des communications et des traitements numériques, et qu’ils ont été très nombreux dans les autres domaines (CFONB (Service bancaire), ODETTE (Industrie Automobile), Building Information Modeling (BIM – Industrie du Bâtiment), …).

Mais l’émergence de technologies nouvelles peut permettre aujourd’hui de rattraper ce retard, voire, de construire un modèle de collaboration numérique radicalement innovant, plus adapté à l’organisation de ce secteur d’activité et aux besoins de ses clients.

Article de Marc Leveils, CPI associé de Regimbeau

Marc Leveils, CPI associé de Regimbeau, a présenté la norme Norme AFNOR X50-276 « Management de l’innovation – Échanges de données informatisées relatives à la propriété intellectuelle » dans le cadre de l’événement Les Matinales de l’ACPI 2019 et de la deuxième table ronde : “Nouvelles offres, nouveaux business models & Perspectives”.